Nos proches et l’adoption

Soirée du 16 avril 2010 à  Albi   : «  Nos proches et  l’adoption »

 

Nous étions un peu plus de 40 dans la grande salle de l’UDAF pour participer à une soirée organisée par EFA «  Nos proches et l’adoption »

Etaient présents des adhérents de longue date à EFA qui nous ont fait part de leurs vécus, de leurs expériences de leurs ressentis, des adhérents plus récents qui ont apporté aussi leurs témoignages, des postulants. La plupart étaient venus avec leurs parents, leurs frères et sœurs. Nous pensions qu’il y aurait beaucoup de questions d’interrogations, la soirée s’est plutôt déroulée sur la base d’échanges comment les uns et les autres vivaient les différents moments de l’adoption : l’annonce de la procédure, l’agrément, l’attente l’arrivée de l’enfant.

Essayer de résumer en quelques phrases cette soirée au contenu émotionnel intense est difficile, on est toujours subjectif, on retient ce qui nous touche.

Je retiendrai donc l’éclat de bonheur dans les yeux d’une grand-mère : «  Elle ( SA petite fille) était attendue comme le Bon Dieu. » , la joie et l’émotion d’une tatie de s’entendre appeler « tatie » le jour de l’arrivée de l’enfant. Je retiendrai aussi la variété des réactions et du degré d’implication de nos proches : de la mise en garde, à la réserve : refus d’en parler

( plus du côté masculin), à l’accompagnement jusqu’au soutien sans faille, voire peut-être un côté un peu trop intrusif. Il y a aussi pour les postulants et pour nos proches la difficulté d’en parler, de rentrer dans la vie privée dans le parcours des futurs parents : « On ne sait jamais ce qu’il faut dire si c’est le moment de le dire. ». Il y a la peur de l’ échec qui se rajoute. Il faut souligner aussi la douleur dans la même famille à voir les uns avec descendance biologique et les autres sans enfant ( Adoptants et postulants connaissent bien la souffrance qu’engendre Noël) . Nos parents se posent des questions se sentent coupables de ce manque, de ce vide : «  Pourquoi mon fils, ma fille ne peut-elle avoir d’enfants ? ». Il y a aussi les paroles maladroites de nos proches à gérer quand ceux-ci croient nous aider pour nous aussi il n’est pas évident d’annoncer l’intention d’adopter car cela implique d’être sous les feux de  questions qui peuvent être dérangeantes. Mais tous témoignent 1) à l’arrivée de l’enfant on oublie tout  2) du bonheur de l’accueil de l’enfant qui devient un enfant comme les autres dans la famille.

Le parcours de nos enfants est aussi varié : certains ont mal vécu leur différence de peau à l’école, d’autres pas du tout, certains ont souffert de leur origine ( d’avoir été abandonné) d’autres pas du tout, certains ont beaucoup parlé d’autres non . Nous avons évoqué le rôle des parents à protéger leur histoire car l’histoire des origines appartient à l’enfant et ne nous oblige nullement à répondre à des questions intrusives voire de curiosité.

La leçon de vie ne vient-elle pas de nos enfants :

–         le sourire d’un grand de 15 ans que l’on caresse et qui accepte la discussion avec sa maman.

–         « je peux inviter mes copines dans MA maison » ( en parlant de la maison de ses grands-parents)

–         « Dans notre précédente vie, on s’est rencontré(s) et on s’est adopté(s) »

–         «  Non je n’étais pas dans le ventre de maman »

[sous entendu: j’étais dans le ventre d’une autre dame (d’une maman de Colombie) mais c’est toi ma maman]

Nos enfants n’ont pas de préjugés, ils ont des histoires particulières dont il faut tenir compte.. C’est notre rôle de parent d’être toujours attentif.

«Etre parent c’est s’adapter à un enfant qu’on n’imaginait pas. »  ( Marcel Rufo)

Bernard Audourenc  EFA 81